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Comme nous allons le découvrir, la gravure la plus célèbre au monde respecte deux systèmes de composition à la fois. La Perspective, et la Géométrie Sacrée. D'autre part, l'artiste a choisi cette gravure pour revendiquer sa paternité envers la plus belle version des Tarots de Marseille, celle que Nicolas Conver éditera en 1760 (Bibliothèque Nationale, Paris). Avant d'aborder ces aspects, nous allons assister à une première leçon de géométrie, en trois dimensions, signée Albrecht Dürer, et lire le bloc de pierre taillée connu sous son propre nom. Christophe de Cène n'arrivait pas à se ranger à mon idée, selon laquelle ce polyèdre n'était qu'une anecdote sans grande conséquence pour la Géométrie Sacrée. Ce volume avait depuis longtemps avoué ses angles et la sphère qui l'enferme, sans qu'aucun propos cohérent ne l'explique sur ce plan... La première qualité du chercheur est l'obstination. Ainsi, mon ami remarqua l'imbrication de deux étoiles à cinq branches dans le motif qui se répète six fois sur ce caillou. En terme de symbolique, cela prouve l'implication du nombre d'or dans sa conception. Personne ne l'avait remarqué, en dépit d'une connaissance "physique" du solide. La géométrie peut être objective et louper une dimension essentielle : celle des symboles. C'est particulièrement gênant quand cette dimension procède le la volonté de l'auteur, Albrecht Dürer, et bien des discours sur ce polyèdre apparaissent désormais "décalés" devant sa leçon de Géométrie Sacrée. Sur le parcours de nos découvertes avec Christophe de Cène, cet exemple restera à jamais celui qui illustre au mieux notre parfaite complicité. Christophe a repéré la "responsabilité" du nombre d'or dans le schéma incomplet que proposaient les scientifiques. J'étais pour ma part dubitatif sur l'exploitation de ce solide sur le plan symbolique. Et mon ami s'est très vite appuyé sur mon visuel fétiche "du cercle et de l'angle à 36°" qui sert à montrer la nature géométrique du nombre d'or. Grâce à quoi il a trouvé la bonne échelle de la figure : celle avec laquelle les calculs et l'interprétation sont les plus évidents. À mon tour, j'ai développé cette figure en y apportant toute l'expérience accumulée pendant sept années de recherches. Les mensurations de la sphère et les points de contact ont livré leurs secrets selon une logique digne de l'époque de la conception du polyèdre - respect de l'histoire oblige. Enfin, Christophe a naturellement relié ce développement avec celui que fera Kepler moins d'un siècle plus tard, en symboliste accompli. Au final, cette recherche se démontre un vrai travail d'équipe, à l'image de la naissance et du développement de la Science. La révélation de la Géométrie Sacrée face à l'Art comme face à la Science avait besoin de cette forme de "connivence" pour livrer ses secrets, car c'est un savoir de type collectif. © Yvo Jacquier - Tous droits réservés. |
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Certaines recherches scientifiques se sont intéressées au Pentagramme dans sa réalité physique. Les célèbres "pavages de Penrose" furent même l'objet d'un brevet par ce Mathématicien d'Oxford, en 1974 (les pavages non-périodiques sont connus sous le nom de "quasicristaux"). En réalité, ces développements sont parfaitement connus des peintres au Moyen-Age. Une mosaïque de la Basilica di San Marco à Venezia, attribuée a Paolo Uccello, représente le petit dodécaèdre étoilé de Kepler-Poinsot. Les mathématiciens de Harvard Lu et Steinhardt ont en effet identifié ce type d'organisation dans le carrelage des mosquées et des madrasas du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. Ils précèdent les "découvertes" des mathématiciens occidentaux d'au moins cinq siècles. La mosquée iranienne Darb-i-imam à Ispahan en offre le parfait exemple, à la chute de Constantinople en 1453 !. Plus tard, Dürer développe une géométrie comparable dans ses esquisses, pentagones et losanges (Réf 1), préfigurant le travail de Johannes Kepler (Réf 2).
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