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LA COMPOSITION DE LA VIERGE AU ROSAIRE

Le tableau préféré de Dürer

PRÉAMBULE

Autour de cette oeuvre

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Le monogramme de Dürer

Le monogramme de Dürer





   Le célèbre monogramme de Dürer n'est pas placé au hasard dans ce visuel. Chacune de ses lignes répond à des préoccupations géométriques qui entrent en harmonie avec celles qui construisent le tableau...




TRIANGLE SACRÉ ET RECTANGLE D'OR

Dürer, Maître incontesté de la Perspective

perspective de Dürer    Le Maître de la Perspective donne peu d'éléments pour établir ses lignes. L'horizon se situe à la hauteur de la tempe gauche de Marie, et le dais apparaît de façon frontale, selon quoi l'éventuel point de fuite se situe sur la tempe de la Vierge. Un éventail en forme de rose des vents, déclinant les angles de 22,5°, trouve quelque écho sur le tableau, mais ce rapporteur est sans commune mesure avec les figures qui vont suivre.

   Définition :
un rectangle doré a pour proportion le nombre d'or : Grand coté sur petit coté = Phi = (1+√5)÷2 # 1, 618 034...


Le rectangle doré et le Triangle Sacré

perspective de Dürer    La base du tableau comprend un double carré (croisillons bleus), surmonté de deux rectangles dorés horizontaux (croisillons jaunes). Chaque rectangle vertical comprenant [un carré et un rectangle] forme un plus grand rectangle doré (première caractéristique de la proportion dorée). Le tableau dépasse, en haut, cette figure générale, et plus généralement, si l'oeuvre s'ajuste assez correctement en bas, le cadre géométrique est légèrement décalé sur la gauche. Cela peut être la conséquence d'une opération de changement du chassis, sur lequel la toile est tendue. Les compositions s'appuient rarement sur les bords des oeuvres : ils sont aussi capricieux que fragiles.



perspective de Dürer


   Le haut du grand rectangle correspond au sommet du dais. Les lignes internes de ces formes rectangles désignent d'emblée des éléments forts du tableau : base du coup de Maximilien et Jules, épaules de Saint-Dominique, mains de Hieronymus d'Augsbourg (tunique bleue), visage du l'Ange musicien etc. Deux angelots s'accrochent à la barre transversale et plus bas, une ligne horizontale médiane désigne la croix qui orne la couronne. L'ensemble de la composition converge vers le coeur de la Vierge.


Le Triangle Sacré et son cercle inscrit (intime)

Triangle sacré




   Les carrés du bas nous permettent d'établir l'échelle symbolique du tableau : un cercle de rayon 2 vient s'y inscrire, appelant à leur tour un triangle de type 3-4-5, dit Triangle Sacré. C'est la base de toute Géométrie Sacrée. Ses bissectrices sont les diagonales d'un simple, d'un double et d'un triple carré.



Triangle sacré - oeuvre
   Ce cercle inscrit au triangle rassemble sur ses bord des éléments significatifs comme le livre de prière du personnage tout à droite, la main de Marie, celle de l'Ange musicien, le bas de la robe de Maximilien et la couronne qui surplombe l'homme en armes. L'une des bissectrices passe par l'angle du cartouche de Dürer. Ce cartouche sert tout au long de l'étude à confirmer sa validité. La bissectrice qui part du bas à gauche passe sur le pli de la manche de l'Ange, au bout de son luth, sur le pli de la manche de l'architecte (tunique bleue), et enfin elle termine sa course entre la main et le livre de prière du personnage sombre tout à droite.


Centres au coin d'un rectangle doré

Centres au coin d'un rectangle doré






   Quatre cercles identiques au premier, de rayon 1, se placent de telle façon que leurs centres construisent un rectangle semblable à celui du départ (le premier rectangle doré).



Centres au coin d'un rectangle doré - oeuvre



   Les bissectrices du rectangle orientent les mains des hommes au centre du tableau. Les diagonales à 45° se croisent au coeur de Marie, et le rectangle à l'air posé sur les ailes de l'Ange au luth. La main droite de Marie montre les lignes des cercles et de la verticale qui correspond au carré inscrit au rectangle. Les mains de Jules et Maximilien viennent toucher les cercles supérieurs.



Sythèse

Les cercles engendrent des triangles    Ces quatre cercles engendrent quatre Triangles Sacrés dont les hypoténuses se croisent sur le ventre de la Vierge. L'humain qui se rattache à la valeur du 5 trouve ici sa pleine expression symbolique. De même, les montagnes s'accrochent à deux hypoténuses ascendantes pour rappeler aux hommes la transfiguration du Christ. Les jambes de l'enfant se croisent sur une autre, descendante, pour signifier sa descente sur Terre, vers le quatre (coté horizontal).

   Une bissectrice prend exactement la pente du "Cartouche de Dürer". Une seconde fois l'effigie de l'Artiste confirme sa composition. Par ailleurs, cette droite coupe sa symétrique gauche sous la couronne de la Vierge, avant que toutes deux ne soutiennent les nuages des angelots. Ces bissectrices sont les diagonales d'un triple carré, rattaché au trois et attribué au céleste. Cela semble approprié pour des nuages, des anges et la couronne de la Reine du Ciel. Le regard d'un personnage tout à droite du tableau regarde dans cette direction...


Les grands cercles




   Sans en expliquer toutes les définitions, inaccessibles à ce niveau, admirons le complexe que forment les cercles de diamètre 2. Entre autres l'ange au luth pince leurs cordes qui se joignent sous la couronne céleste. Dürer nous montre ici toute la virtuosité dont il est capable.



La croix grecque des rectangles dorés

La croix grecque des rectangles dorés




   Le rectangle central qui unit les centre se développe en croix grecque (par duplication et rotation d'un quart de tour). Quatre doigts de Marie s'inscrivent dans sa croix centrale qui pointe par ailleurs sur son coeur. Cette figure marquée par le quatre arrive en haut sur la croix des perles de la couronne.



La croix grecque des rectangles dorés - 2







   La petite croix grecque construites sur les valeurs 2 et 2/Phi se complète d'une plus grande de valeurs 2 et 2.Phi.



La croix grecque des rectangles dorés - 3





   Les carrés inscrits de ces nouveaux rectangles dessinent la largeur du dais. Bien des éléments s'ajustent sur ce nouveau cadre, notamment la main de l'ange au luth. Le cartouche de Dürer vient une fois de plus confirmer la validité de la figure.



La croix grecque des rectangles dorés - 4





   Les éléments internes de la figure soulignent les yeux des deux protagonistes, à la pointe d'une croix, et le menton de la Vierge, siège de sa volonté d'agir. Un grand cercle de valeur 2.Phi naît de la composition.




LES FIGURES DE L'HEXAGRAMME

Le grand hexagramme

Le grand hexagramme



   Ce grande cercle reçoit une double rosace de deux Hexagrammes, dans laquelle viennent s'inscrire avec grâce les épaules de la Vierge. Les deux arbres à l'arrière-plan soulignent l'harmonie de la figure. Le centre est au ventre de la Vierge, siège de l'Amour parfait, que la jambe de son enfant esquive pour en souligner l'importance : son lien avec la terre. Un rectangle de couleur sombre souligne ce point...



Une couronne de roses

Une couronne de roses







   Chaque pointe des hexagrammes internes reçoit un petit hexagramme. Les quatre visages s'y inscrivent parfaitement.




Une couronne de roses - zoom    Chaque figure de la composition trouve son évidence au bout de son développement. Plusieurs fois le personnage de Dürer nous a fait signe à travers son cartouche. Cette fois les lignes internes viennent cerner les quatre visages, et particulièrement les profils de Jules II et Maximilien Ier. Il est à noter que les quatre poles correspondent aux quatre triangles équilatéraux qui forment le double Hexagramme. Le cercle qui enferme cette couronne de roses s'appuie en haut à gauche sur la cape de Saint-Dominique, en bas sur le manche du luth, à droite sur le visage de l'homme en armes, et en haut sur le coude d'un ange.

   Le visage de la Vierge accepte cette proposition de façon plus maladroite, indice supplémentaire de la mauvaise restauration du tableau. Les profils, plus difficiles à déformer par leur caractère "historique", acceptent la confrontation sans aucune erreur et sans aucun doute. La réhabilitation de cette oeuvre gagnerait beaucoup à profiter des leçons de la Géométrie Comparée. Les analyses chimiques et spectrales des couches de la peinture ne rendent pas les tracés définitivement explicites. Elles mettent en évidence des zones et des "contours" sans révéler la véritable volonté du trait : sa trace s'est envolée comme la craie ou le crayon qui ont guidé le pinceau.


LES FIGURES DU PENTAGRAMME

Le grand pentagramme

Les figures du Pentagramme    Le pentagramme va remplacer l'hexagramme dans le grand cercle. Son diamètre est de 2.Phi. Phi est le cadeau de Dieu aux Hommes pour qu'il puisse créer l'harmonie sur Terre. Le Nombre d'Or exprime la grâce que l'humain s'approprie par son travail autant que par sa façon d'être. Qui mieux que Marie pourrait porter ce nombre !

   Avec une logique comparable à celle qui s'appliquait aux hexagrammes, l'on dessine un pentagramme secondaire à l'intérieur du grand. Son cercle circonscrit cerne la pointe de l'étoile (triangle d'or).

   L'idée du sacrifice de Jésus est en filigrane de ce motif : son nombril coincide avec un des noeuds du pentagramme inversé. La couronne qu'il porte à deux mains échappe comme sa tête à ce symbole de chute.


Une seconde couronne de roses

Une seconde couronne de roses Une seconde couronne de roses





   Ce tableau est un festival de roses. Il est donc logique que Dürer, grand virtuose du Pentagramme, compose un second bouquet. Dans cette figure admirable, les éléments forment des entrelacs sur le thème de la fleur dédiée à Marie de Nazareth.


Une seconde couronne de roses - bis




   La couronne et le médaillon de Marie remplissent le cercle du petit pentagramme qui vient se glisser entre deux arbres. Les cercles de Maximilien et de Jules sont tout aussi convaincants. La liste des observations de ce visuels semble infinie. C'est un sujet de véritable méditation.




Au coeur de Marie

Au coeur de Marie - figure






   Les harmoniques sophistiquées de cette figure invitent à monter le grand cercle "d'un chevron". Son centre se retrouve alors au coeur de Marie...




Au coeur de Marie - oeuvre    Cette fois, en position haute, le cercle est plus explicite avec les deux pentagrammes, en étoile à dix branches. La lecture de cette figure ne se fait pas au même niveau que la précédente : son intérêt est dans ce qu'elle résume plus que dans la définition de détail. Cette vision céleste semble se situer du point de vue de la Vierge céleste, quand la précédente était centrée sur son ventre : la Vierge terrestre en quelque sorte. Une vision simple et claire que vient confirmer le cartouche de Dürer.

   La première évidence est le miroir droite-gauche du temporel et du spirituel.

   Le pentagramme debout exprime un mouvement vers le haut. Il part des deux chefs, spirituel et temporel, en position de prière, se nourrit du Saint à gauche et de la nature à droite pour atteindre la couronne, symbole de consécration. Le pentagramme à l'envers exprime non pas la chute mais la traduction d'une inspiration céleste qui se concrétise. La pointe du bas montre un ange qui fait de la musique. Depuis les anges du ciel, ce mouvement se nourrit à gauche de sacrifice "spirituel", incarné par le personnage n° 7 : Dominique Grimani, qui se sacrifie pour son père en 1493, offrant de prendre sa place aux fers. Sur la droite, le sacrifice temporel est représenté par un homme en armes, prêt au combat.

   Les espaces communs entre les deux pentagrammes sont particulièrement intéressants. Ainsi, l'on trouve à l'ombre du visage de Maximilien la face d'un homme qui pourrait être son conseiller, et à gauche, près de la tête du Pape (en symétrie), un voile blanc qui pourrait être celui de l'inspiration. Celui que prennent les religieuses. Les deux anges qui tiennent la couronne ont également un double statut...

   Cette fois, l'architecte à la casaque bleue ne prend pas part à la conversation, même si son visage figure au nombre des invités. Dürer au contraire n'est pas impliqué mais il met "la main à la pâte", preuve en est de l'oeuvre magistrale qu'il nous livre.



LES SPITALES DU TRIANGLE D'OR

L'énergie et du temps

   La dernière étape nous fait entrer dans un autre espace : celui des spirales de l'énergie et du temps. Elles sont de loin les plus difficiles à interpréter en dépit de leur formidable pouvoir de fascination. Le premier souci de cette étude est de montrer l'organisation géométrique du tableau. La discipline de la Géométrie Comparée est neuve, elle se doit avant tout de montrer son existence à partir de faits observables. En cela, une interprétation trop appuyée des motifs desservirait la cause première de cette étude, qui est d'établir les lignes.

Etoile



   Une étoile se construit telle une rose des vents, dans le cercle de Marie. Elle reprend les angles du pentagramme et se développe en croix. Les noeuds se retrouvent sur les verticales du dais. Cette étoile regroupe tous les actes de bénédiction et de couronnement de la scène. Tout à gauche, le petit ange qui n'y participe pas, malgré ses provisions de roses, se tient à l'écart.



Spirale dorée et le Triangle d'Or Spirale dorée et le Triangle d'Or - 2







   Les quatre branches de cette étoile reçoivent une spirale dorée, associée aux quatre triangles d'or issus du Pentagramme. Celle de Maximilien se termine sur son auriculaire. De nombreux points se retrouvent sur sa trajectoire, comme sur les axes qui permettent de la construire. L'étude de la construction d'une telle courbe doit être menée à part de cet article. Les seuls éléments de la scène qui "traversent" cette courbe sont les jambes de l'enfant Jésus et celles de l'ange au luth. En dehors de ces deux cas, elle court entre les formes du tableau sans heurter quoi que ce soit. La question se pose donc de savoir ce que ces jambes font sur ce chemin là !


Spirales dorées et le Triangle d'Or





   Huit courbes viennent compléter la figure de base, par symétrie et par rotation de 90°. La croix obtenue est magnifique autant que précise par rapport au dessin du tableau. La courbe de la cuisse de Jésus en est l'exemple parfait.



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