2 • Premier rayon de la sphère
Méthode
Nous allons calculer le premier rayon d'une sphère qui enferme ce polyèdre. En effet, deux sortes de points sont concernés, au nombre de 2x6, et on peut ramener le tout à deux calculs. Celui des points où se réunissent les grandes largeurs (en vert), et celui des points où se réunissent les petites largeurs (en rouge). Si la valeur des deux rayons est la même, la sphère est exacte. Sinon, comme le montre l'expérience du "travail manuel", la sphère sera "juste" à une marge près que nous allons établir.
Vue de dessus
Le centre de la Sphère est forcément à la verticale du sommet de la pyramide rouge, les trois faces étant équivalentes.
Vue de profil
Verticalement, ce sommet est "au milieu" de la ligne qui sépare les deux modules qui apparaissent, de façon symétrique. En réalité, deux autres faces sont cachées, qui se confondent avec celles-ci selon cet angle de vue. Le centre de la sphère est au milieu de la ligne qui unit les milieux respectifs. Sous cet angle, se segment est un point. Cette considération a son importance puisque le point d'intersection des deux grandes largeurs sur la gauche est exactement sur le plan du centre (la vue de dessus en témoigne).
Triangle T2
Une fois positionné, ce centre va chercher la mesure du rayon qui le sépare du point des grandes largeurs. Les cinq autres sont équivalents de par la symétrie du solide, rappelons-le. Pythagore sera notre seul outil. Nous avons besoin de deux cotes, verticale et horizontale. Le rayon est l'hypoténuse du triangle T2.
La Verticale
L'échelle en rouge nous permet de visualiser les rapports de hauteur. La hauteur totale du losange complet est coupée en deux par la ligne verte (grande largeur), milieu vertical du losange. Le centre de la sphère est à son tour situé au milieu de la moitié inférieure. La symétrie de la figure y oblige. En revanche, la graduation "3" en hauteur de l'échelle ne correspond pas au niveau du triangle équilatéral rouge (celui qui tronque les losanges).
Triangle T1
Or, la moitié supérieure du Polyèdre non tronqué, prolongé de son chapeau rouge, dessine un tétraèdre à trois faces égales dont nous pouvons calculer la hauteur. Cette hauteur correspond à deux fois la cote verticale de notre rayon. Calculons cette hauteur selon Pythagore.
Sur la vue de dessus, considérons le triangle équilatéral vert. Son coté est de √(2+Phi). La "hauteur" d'un triangle équilatéral fait √3÷2 fois son coté. Et le milieu du cercle qui cerne les trois sommets est au tiers de la base et au deux tiers du sommet. Ce petit segment horizontal, sur la droite de la figure, fait donc :
(1÷3).(√3÷2).√(2+Phi) = √(2+Phi)÷2√3
Nous connaissons l'hypoténuse de T1, qui correspond à la moitié de (Phi+1).
Selon quoi le calcul donne, si H est la hauteur du tétraèdre (base verte) :
H² + [√(2+Phi)÷2√3]² = (Phi+1)²
soit :
H = √[(2Phi+1)÷3] ≈ 1,188
Retour au triangle T2
La recherche de l'hypoténuse, rayon de la sphère, fait intervenir H/2 en hauteur
et 2/3 de la hauteur du triangle équilatéral vert, soit :
(2÷3)(√3÷2)√(2+Phi) = √[(2+Phi)÷3]
R² = (H/2)² + (2+Phi)÷3 = [(2Phi+1)÷3]÷4 + (2+Phi)÷3
R = √(2Phi+3)÷2
Le diamètre de la Sphère est donc :
D = √(2Phi+3) ≈ 2,497 212 ≈ 2,5 à 1,1‰
3 • Deuxième rayon de la sphère
Le calcul du deuxième rayon procède de façon analogue

Le triangle T
Le coté horizontal du Triangle T fait :
(2/3).(√3/2).[√(3-Phi)]
Soit :
Coté horizontal = √[(3-Phi)÷3]
Le coté vertical fait :
H/2 + h1
Pour trouver h1, utilisons le théorème de Thalès :
H/h2 = segment vert ÷ segment rouge =
Grande largeur du module ÷ petite largeur du module =
H/h2 = Phi
(Donner un nom aux segments compliquerait la figure)
Or : h1 + h2 = H
Donc :
h1 = H - h2 = H - H/Phi = H (1-1/Phi)
D'où le coté vertical :
H/2 + h1 = H(1/2 + 1 - 1/Phi) = H(5/2-Phi)
(5/2-Phi).√[(2Phi+1)÷3] = √[(10Phi-3)÷12]
Coté vertical = √[(10Phi-3)÷12]
Somme du carré des deux cotés :
(3-Phi)÷3 + (10Phi-3)÷12 = (2Phi+3)÷4
R = √(2Phi+3)÷2
Les deux calculs de rayon, pour les deux types de points, donnent le même résultat.
Le polyèdre de Dürer est bien parfaitement inscrit dans une sphère de diamètre = √(2Phi+3).
Q.E.D. (Quod erat demonstrandum, That which was to be demonstrated, C.Q.F.D., Ben corec' de mém')
4 • La sphère intérieure
Le rayon de la Sphère intérieure se cale sur la même figure. Les surfaces parallèles, vues de profil (des modules supérieur à droite et inférieur à gauche) présentent par trois fois la même configuration sur le Polyèdre. Il suffit de tracer les perpendiculaires aux segments qui les représentent, passant par le centre que l'on connaît. Nous allons utiliser le principe des triangles semblables, comme nous l'avons fait pour établir les propriétés du grand Pentagramme.
Considérons le triangle que fait naître le rayon avec le sommet du polyèdre non tronqué. Ce triangle est "semblable" à deux autres (l'angle du sommet est le même, et un deuxième angle est droit; le troisième est forcément égal).
- 1er triangle semblable - La partie droite du "chapeau rouge"
- 2nd triangle semblable - La partie droite du "Triangle de base verte".
Le second est plus pratique :
Nous allons y trouver le même rapport entre la base et l'hypoténuse :
Base ÷ Hypothenuse = r ÷ 3.H/2 =
(1÷2√3)[√(2+Phi)] ÷[(Phi+1)÷2]
avec H = √[(2Phi+1)÷3]
r = [3.√[(2Phi+1)÷3] ÷ 2].(1÷2√3)[√(2+Phi)] ÷ [(Phi+1)÷2]
r = (1/2).√(2Phi-1)
donc :
d = √(2Phi-1) ≈ 1,495 349 ≈ 1,5 à 3,1‰
Rappelons que D = √(2Phi+3) ≈ 2,497 212 ≈ 2,5 à 1,1‰
Le rapport entre les deux sphères, intérieure et extérieure, est :
d/D = √[(2Phi-1)(2Phi+3)] ≈ 0,598 807
Cette valeur est proche de 3/5 à deux pour mille près. Cette marge est typique de la Géométrie Sacrée (et sera l'objet d'un autre article).